IL MIO LIBRO

Je connus Antonino à la sortie d’une bibliothèque académique d’une ville universitaire de la Toscane, je vis une exposition de tableaux aux marges d’une petite place, je m’arrêtai à regarder et tout de suite je m’engouai de deux de ces œuvres. Je demandai à ce monsieur combien elles coûtaient et le prix était tout à fait abordable, je décidai donc d’acheter au moins un des deux tableaux qui me plaisaient.
En même temps il me dit qu’il réalisait les tableaux lui même, et par là nous commençâmes à bavarder, cet artiste de nom Antonino me racontait ses vicissitudes en Amérique et il me confia aussi que son réel métier c’était celui d’essayiste, comme moi, mais qu’il ne gagnait pas beaucoup et que de temps en temps il exposait ses œuvres en tour pour l’Italie, afin de gagner sa vie. Je trouvai très intéressante sa manière de raconter les choses, donc je parlai longtemps avec lui, je lui dis que j’écrivais aussi et que je me trouvais dans cette zone de la ville car il y avait une bibliothèque toujours fournie de la littérature qui m’intéressait pour ma recherche sur la méritocratie italienne : celle qu’il n’y a pas.
Il n’hésita pas à accepter l’invitation, et quelques jours après il se présenta chez moi ponctuel et avec une bouteille de vin, entre parenthèses d’excellente qualité. Tout de suite après les présentations nous commençâmes à manger et le dîner dura assez longtemps car le temps passait et les récits de nos vicissitudes devenaient de plus en plus intéressants, une bonne syntonie s’était créée entre nous.
J’étais tellement heureux d’avoir fait cette rencontre, que je demandai à Antonino s’il pouvait venir dîner chez moi le weekend prochain et de me raconter son expérience aux États-Unis, où il avait vécu pendant beaucoup d’années. Je convainquis Antonino de venir au dîner en lui disant que ma femme est une cuisinière excellente et qu’elle nous aurait sans doute préparé quelque chose de bon.
Comme nous partagions le même métier, après avoir dîné je l’invitai dans mon bureau pour lui faire voir ma fertile bibliothèque, et cela renforça davantage notre rencontre, nous parlâmes longtemps de tout et de rien et de ce que nous faisions. Je restai tellement ravi par son expérience à l’étranger que je lui demandai s’il pouvait collaborer à ma recherche sur la méritocratie, sachant que l’Amérique vante d’être l’un des pays où cet instrument culturel est utilisé davantage : c’est peut-être pour cela qu’on dit que le  rêve américain  est accessible à tous.
En revanche j’aurais acheté aussi l’autre tableau qui me plaisait ; je l’invitai à nouveau chez moi la semaine suivante. Antonino ne manqua pas au rendez-vous cette fois-là non plus : il se présenta ponctuel chez moi avec un bouquet de fleurs pour ma femme et un sac en plastique noir, de ceux qu’on utilise pour les ordures normalement, dans lequel il avait mis notre tableau.
L’emballage surprit ma femme, mais le contenu nous fit oublier l’enveloppe insolite, on le sait comment ce sont les artistes.
Antonino arriva fin de l’après-midi, nous prîmes place en jardin pour un café, et tout de suite nous commençâmes à parler de ce que c’était la culture méritocratique aux États-Unis, pour ne pas perdre son récit je l’invitai à revenir dans mon bureau, afin de prendre des notes de ce qu’il était en train de me raconter.
Nous parlâmes beaucoup et je remarquais qu’il s’éloignait bien souvent du sujet et qu’il me parlait de la femme qu’il aimait, une italo-française qui vivait à Paris.
Cette histoire me fascinait aussi, au point que j’oubliai la raison pour laquelle nous étions dans mon bureau. Vers l’heure de dîner notre conversation s’interrompit car ma femme nous appela pour le banquet et aussi dans cette occasion mon épouse me fit faire une très bonne impression avec Antonino grâce à ses bons petits plats.

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